Revue de Presse

16/05/2006
Moshe Yaalon:analyse de la situation strategique

L’analyse prospective de la situation au Proche-Orient par l’ancien chef d’état-major Moshé Ya’alon
Par Ray Archeld pour Guysen Israël News
Dimanche 14 mai 2006 à 22:11
Invité voici quelques jours à New York par l’Organisation sioniste d’Amérique (ZOA), l’ancien chef d’état-major (2002-2005) de Tsahal, Moshé Ya’alon, a mis en garde contre les dangers pour l’Etat d’Israël « d’un Etat palestinien, de récompenser le terrorisme par de plus en plus de concessions territoriales à l’ennemi palestinien et de ne pas répondre avec force aux missiles Qassam et aux attentats-suicide contre Israël ».

C’est une critique argumentée de nombres d’aspects de la politique israélienne que Moshé Ya’alon a prononcée devant quelques 500 personnes particulièrement attentives, alors que se prépare la visite du Premier ministre Ehoud Olmert aux Etats-Unis.

« Ne jamais céder au terrorisme »
Venant d’un soldat ayant une carrière de 37 ans et d’un ancien partisan des accords d’Oslo, énoncés par un des artisans de la victoire militaire israélienne sur l’Intifada II par la diminution du nombre d’attentats terroristes, ses mots avaient une portée particulière, notamment quand M. Ya’aalon a préconisé le maintien de la présence israélienne en Judée et Samarie tant que les Palestiniens refuseront de signer un accord de paix et a martelé : « Israël doit graver dans la conscience palestinienne que le terrorisme ne produira aucun dividende ».

Selon M. Ya’alon, le désengagement israélien de la bande de Gaza est la raison principale de la victoire du Hamas aux élections législatives car il a été perçu comme une reddition israélienne au terrorisme islamique : « Nous laissons en héritage aux prochaines générations qui traiteront avec les Palestiniens, convaincus que le terrorisme paye, l’idée que l’Etat d’Israël cède sous la pression. Israël est en guerre, et non face à un soulèvement ».

Arafat ? Dès 1995, M. Ya’alon a conscience qu’au lieu d’agir en faveur de la paix, Arafat promeut le djihad.
La meilleure défense ? Une « offensive contre les terroristes – arrestations ou/et éliminations, utilisation des services de renseignements capables de les interpeler avant qu’ils ne commettent des attentats -, et non une barrière ». Et surtout couper les racines du terrorisme palestinien pour obliger l’Autorité palestinienne à réformer, par exemple, l’éducation et la culture : « Israël ne devrait pas être sous pressions pour accepter des concessions tant que ces deux domaines ne changeront ».

ZOA a souligné les principaux points de l’exposé de M. Ya’alon :
- "La création d’un Etat palestinien mènera à terme à la guerre. Un conflit qui peut être dangereux pour l’Etat juif".
- « De la naissance du sionisme à nos jours, la source des attentats terroristes consiste dans le refus du monde arabe de reconnaître l’Etat d’Israël. Tant que perdurera ce refus, Israël demeurera la cible du terrorisme. Les frontières de 1967 ne sont ni une solution aux roquettes ou aux attentats-suicides ni à des formes plus conventionnelles de guerre ».
- « Les anciennes idéologies nationales – nassérisme, baasisme – ont dit qu’il n’y avait pas de place pour Israël au Moyen-Orient. Maintenant le conflit devient de plus en plus religieux, de leur côté, pas du nôtre. Mais, comme par le passé, le Hamas dit, de nouveau, qu’il n’y a pas de place pour Israël au Moyen-Orient, mais qu’il doit y avoir un Etat palestinien islamique. Il sait ce qu’il veut dire et signifie ce qu’il dit. Les Palestiniens le savaient en votant pour lui. Le Hamas est un élément du djihad global : toute la nation de l’islam est visée, et pas seulement la Palestine. Ce qu’on n’a pas réussi avec Arafat, on n’arrivera pas à le faire avec le Hamas ».
- « Nous avons besoin d’une stratégie claire et d’une précision morale. Au lieu de cela, nous préférons la confusion ou la négation de la réalité. Comme avant la Seconde Guerre mondiale. Nous n’avons pas besoin de Chamberlain, mais de Churchill. Nous sommes inondés de mensonges, manipulés par Al Qaïda et surtout par les Palestiniens ».
- « Nous sommes encore confus, comme sous l’ère d’Arafat. Arafat a déclenché la guerre en septembre 2000 pour éviter de reconnaître l’Etat d’Israël et finir le conflit. Ce fut le 3e rejet palestinien de la partition. Le 1er fut le plan de la commission britannique Peel en 1937 et le 2e le plan de division des Nations unies en 1947. En 1999, j’ai prédit que nous allions affronter une guerre contre Arafat en 2000. Je le savais car Barak a dit qu’il voulait parvenir à un accord avec Arafat dans 15 mois, ce qui signifiait septembre 2000. Mais Israël et l’Occident ont été surpris ».
- « La nature de la menace pesant sur Israël a changé : elle n’est plus conventionnelle, mais super-conventionnelle : les missiles syriens Scud, les missiles iraniens Shihab, le programme nucléaire iranien qui doit être arrêté, le choix délibéré de cibles civiles israéliennes (plus de 70% des 1000 victimes au cours des cinq dernières années sont des civils car les Palestiniens pensent que la société israélienne est le maillon faible dans la chaîne de la sécurité d’Israël) ».
- « Le front de la guerre est sur nos têtes car nous défendons nos valeurs et notre culture. Nous sanctifions la vie, ils sanctifient la mort. Le premier strate de l’infrastructure terroriste est l’éducation de la jeunesse. Après une décennie au cours de laquelle ils ont été encouragés à admirer les auteurs d’attentats-suicide, les enfants palestiniens ne veulent pas devenir docteurs ou avocats : ils veulent devenir shahids ! Ce sont là leurs valeurs. Continuer l’incitation à la haine et au meurtre des Israéliens rend la paix impossible ».
- « Nous devons augmenter le nombre d’actions militaires à Gaza. Nous devons cesser de nous habituer à ces attaques constantes de missiles. Nous ne pouvons pas tolérer cette menace de missiles de Gaza. L’Autorité palestinienne va bientôt accroître sa capacité à lancer des missiles en améliorant la technologie. Si nous sommes en Judée et Samarie, nous pouvons y éliminer le terrorisme ».
- « Israël doit consolider son histoire sioniste et promouvoir sa légitimité. S’il ne croit pas en ses raisons d’être, en la justesse de sa cause, il ne pourra pas en convaincre autrui ».


Ne voyant aucune perspective de paix et de réconciliation du côté palestinien, M. Ya’alon a exhorté à un sursaut en Israël et plus généralement en Occident.

 

 

 

 
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